Inspiration
Le Haras : un lieu de vie à partager au cœur de la ville
Parfaite alliance entre nature, culture et patrimoine, le Haras appartient à ces lieux emblématiques auxquels tous les Annéciens sont attachés.
Après des mois de concertation, et trois années de travaux, le parc paysager du Haras a, à nouveau, ouvert ses portes en novembre dernier. Une nouvelle page d’histoire qui s’écrit, résolument tournée vers la ville, ses habitants et ses visiteurs.
Symbole historique du centre-ville annécien le Haras reprend vie. Un nouvel espace de respiration, d’échange et de vie ouvert à tous où la nature et la culture dialoguent en harmonie, promesse tenue.
Un projet d’envergure qui se concrétise aujourd’hui avec cette première étape, avant l’ouverture de la Halle Gourmande prévue fin février, puis l’inauguration de la Cité internationale du cinéma d’animation attendue en juin.
© Gilles Piel / Parc paysager du Haras
Un site historique au cœur de la ville
Construit à partir de 1880, le Haras d’Annecy s’inscrit dans une composition urbaine forte, entre la Préfecture et les établissements scolaires Berthollet et Raoul-Blanchard. Haras royal, impérial puis national, il fut longtemps un lieu stratégique de reproduction équine, sous la tutelle de l’État, avant de connaître un lent déclin au XXe siècle, lié à la mécanisation de l’agriculture et à l’évolution des usages militaires.
Inscrit au titre des monuments historiques en 2007, le site ferme définitivement ses portes en 2009. Après plusieurs usages transitoires, notamment culturels, la Ville d’Annecy en devient propriétaire en 2013 et engage une réflexion de fond : comment transformer ce vaste ensemble de 2,5 hectares, sans le dénaturer, tout en le réinscrivant pleinement dans la vie contemporaine ?
© PM Canonge / Réhabilitation du site du Haras
« Il s’agissait de ne pas effacer l’histoire du Haras, mais de la prolonger, en donnant à ce patrimoine une nouvelle destination, accessible à tous », résume Marie-Luce Frescurat, directrice du programme Haras.
La réhabilitation du site a ainsi été pensée en lien étroit avec les habitants. Une consultation menée en 2020 a fait émerger des attentes claires : du calme, de la verdure, des cheminements accessibles et des espaces propices aux familles.
Un parc urbain comme nouveau poumon vert
Le choix d’ouvrir largement le site et d’y créer un parc urbain s’est imposé tout naturellement : ouvrir l’espace, le rendre traversant et offrir un nouveau lieu de rencontre, vivant et apaisé. Le Haras devient aujourd’hui un lieu de respiration en plein centre-ville, pensé comme un îlot de fraîcheur, de calme et de déambulation.
Le paysagiste Philippe Déliau (Alep Paysages) a imaginé, sur près de 2,5 hectares, un parcours fluide, ponctué d’îlots de plantations, de clairières et de cheminements propices à la flânerie. Un équilibre subtil entre espaces naturels et lieux de convivialité.
Placée au cœur du dispositif, l’ancienne carrière se transforme en Place Fontaine : un vaste bassin paysager de 1 800 m², animé par des jeux d’eau, fonctionnant en circuit fermé grâce à la récupération des eaux de pluie. En été, la brumisation apporte fraîcheur et apaisement ; en hiver, la place est vidée et devient un espace minéral propice à la promenade.
Le parc s’enrichit également d’une palette végétale exceptionnelle : 214 nouveaux arbres ont été plantés aux côtés de 12 arbres historiques majestueux, dont un séquoia remarquable. Figuiers, pommiers savoyards, magnolias, sorbiers ou encore argousiers composent un paysage nourricier et diversifié, complété par plus de 15 600 arbustes. Un projet mené en circuit court, en collaboration avec des pépinières locales.
© Gilles Piel / Parc paysager du Haras
Au-delà de sa fonction sociale, le parc du Haras joue un rôle essentiel sur le plan environnemental grâce à la plantation de nouvelles essences d’arbres, soigneusement sélectionnées :
« La Ville a souhaité introduire une diversité végétale forte, capable de s’adapter au climat tout en offrant une identité paysagère singulière, explique Marie-Luce Frescurat. Un atout précieux pour Annecy, autant pour ses habitants que pour les visiteurs en quête d’espaces verts accessibles et inspirants.
Une halle gourmande comme lieu de partage
Le parc n’est que la première étape de la renaissance de ce vaste ensemble. Rendez-vous fin février pour l’ouverture de la Halle Gourmande. Confiée au délégataire Biltoki, référence nationale des halles gourmandes, cette nouvelle adresse se veut accueillante et fédératrice.
L’idée : créer un lieu hybride, où l’on pourra aussi bien faire ses courses que s’attabler, partager un repas sur le pouce qu’un afterwork entre amis et prolonger chaque moment d’une promenade ou d’un temps, suspendu, dans le parc. Cette complémentarité entre espaces verts et offre gourmande contribuera à faire du Haras un lieu de vie et de passage, de halte et de partage.
Pensée pour mettre en avant le produit et le territoire, la halle gourmande Biltoki, « l’endroit qui rassemble » en basque, devrait accueillir une vingtaine de commerçants, locaux et indépendants, dont une majorité de métiers de bouche ainsi qu’un bar à vins tenu par un caviste. Autour de produits frais et d’étals variés (boucherie, fromagerie, primeur, épicerie, boulangerie, rôtisserie…), de spécialités à déguster sur place ou à emporter et d’un café central qui cohabitera avec les tablées et ses 270 places assises, ce sont autant de moments dédiés au rassemblement et à la dégustation qui seront à portée.
De quoi faire de cet art de vivre qui nous est si précieux l’identité affirmée de ces lieux, écho aux marchés d’antan où toutes les générations se retrouvaient.
© Gilles Piel / Travaux dans la halle gourmande
La Cité internationale du cinéma d’animation, cœur culturel du projet
En juin 2026, à l’occasion du Festival international du film d’animation, le site franchira, là encore, une nouvelle étape avec l’ouverture de la Cité internationale du cinéma d’animation.
Un choix fort, en cohérence avec l’identité culturelle d’Annecy et son rayonnement international. « Faire de l’animation un pilier du projet du Haras, c’est affirmer une filière d’excellence qui fait partie de l’ADN de la ville », souligne Marie-Luce Frescurat. « La Cité sera un lieu de transmission, de création et de rencontre, ouvert au grand public mais aussi aux professionnels. »
Un projet phare qui renforce le positionnement d’Annecy comme capitale mondiale de la discipline et permettra à l’animation de trouver un écrin à la hauteur de son rayonnement, accessible toute l’année, par tous les temps et pour tous les publics.
© Gilles Piel / Travaux dans la Cité internationale du cinéma d’animation
Un lieu tourné vers l’avenir
Depuis son ouverture, les premiers retours sont enthousiastes. Habitants du quartier, familles, promeneurs et curieux se réapproprient progressivement ce nouvel espace, appelé à devenir un repère du quotidien autant qu’un point d’intérêt pour les visiteurs. Le Haras n’est plus un site à contempler de l’extérieur : il est désormais un espace à habiter, à traverser, à savourer. « Nous observons très vite des habitudes se créer. Le Haras est redevenu un lieu de passage, mais aussi de pause et de contemplation », souligne Marie-Luce Frescurat.
À terme, le Haras incarnera pleinement cette ambition : un lieu où l’on vient pour se détendre, se cultiver, se retrouver et vivre Annecy autrement. Un projet exemplaire, respectueux de son histoire et pleinement ancré dans le présent, tourné vers les usages et les générations à venir.
© Gilles Piel / Parc paysager du Haras
En pratique*
- Ouverture du parc :
Hiver : du dernier dimanche d’octobre au dernier samedi de mars de 7h30 à 18h.
Eté : du dernier dimanche de mars au dernier samedi d’octobre 7h30 à 22h.
Fermé la nuit.
- Ouverture de la halle gourmande :
De 7h30 à 21h tous les jours sauf les vendredi et samedi soir, jusqu’à 23h.
- A noter : cycles (vélos, trottinettes, gyropodes…) interdits même tenus à la main. Skates et patins interdits mais tolérés s’ils sont tenus à la main.
* Informations données à titre indicatif (actualisées en décembre 2025) et sous réserve de modifications.
Une autre histoire
Crédit photo haut de page :
- © Gilles Piel
Journaliste : Gaëlle Tagliabue